Angela Jaspan a été promue au poste de gérante adjointe du Colours Café, malgré le fait qu’elle a un trouble schizo-affectif, soit une combinaison de symptômes de la schizophrénie et du trouble bipolaire, qui peut être débilitant par moments. Mme Jaspan mentionne que le travail lui donne un but et une raison de se lever chaque matin. Son succès au travail démontre que même une maladie mentale grave n’a pas à empêcher une personne d’avoir une source de motivation dans un travail gratifiant lorsque de bons soutiens et des mesures d’adaptation adéquates sont en place.

Un emploi dans l’industrie de l’accueil, comme celui de Mme Jaspan, exige une interaction avec les clients. C’est un volet de son emploi qu’elle apprécie, mais elle est consciente d’une chose : « Il est toujours possible que les symptômes se manifestent de nouveau. » La détresse, la méfiance, l’anxiété ou l’impression de se sentir éparpillé sont des symptômes courants qui peuvent entraver le travail. Préciser les attentes, assigner un mentor, modifier les tâches pour limiter les interactions avec les clients, planifier une rencontre toutes les semaines ou toutes les deux semaines pour faire le point et prévoir de la souplesse au chapitre de la planification du travail et des tâches sont de bons exemples de mesures d’adaptation simples. À l’occasion, s’absenter du travail peut s’avérer nécessaire, le temps de gérer efficacement la maladie.

Angela Jaspan encourage l’employeur et l’employé à concevoir un plan pour se préparer en vue d’un épisode susceptible de se manifester au travail. Voici des exemples d’éléments à inclure dans un plan :

  • Notes relatives à la réaction d’une ou de plusieurs personnes à la suite d’épisodes psychotiques précédents et à ce qui a bien fonctionné
  • Comportements de l’employé et circonstances qui ont possiblement déclenché l’épisode
  • Stratégies gagnantes pendant un épisode

Faire participer les employés à une discussion portant sur ce qui fonctionne pour eux, la réaction à laquelle ils s’attendent de la part de l’employeur et qui peut être contacté en cas de besoin, comme un membre de la famille ou un professionnel traitant, sont des suggestions de mesures pouvant aider. En prenant conscience des étapes possibles pour gérer des épisodes au travail, il serait possible d’empêcher qu’une rechute ne se transforme en une crise ou encore ne porte atteinte à la réputation de l’employé ou à ses relations avec les autres.

Angela Jaspan poursuit en faisant valoir qu’un des aspects courants d’une maladie grave, comme la schizophrénie, est pour la personne concernée, l’absence de conscience de soi quand elle ne se sent pas bien. Par conséquent, il arrive souvent que les personnes qui subissent ces changements ne demandent pas d’aide. Pour cette raison, planifier d’avance quand et comment intervenir constitue le volet le plus important d’une approche destinée à soutenir une personne ayant le potentiel d’une psychose ou d’une maladie mentale grave.

Mme Jaspan conclut en signalant que, la plupart du temps, elle est une employée productive et efficace. Comme c’est le cas pour d’autres maladies chroniques ou épisodiques, la maladie dont elle est atteinte pourrait s’aggraver et exiger des soins médicaux. Toutefois, un employeur apte et enclin à reconnaître quand elle ne va pas bien peut l’aider à obtenir des soins précoces et efficaces pour lui permettre de se rétablir et de rejoindre son équipe au travail pour y apporter sa contribution.

Si un employé est en proie à une crise psychologique, les premiers soins en santé mentale sont des directives à suivre pour apporter du soutien. Une des stratégies importantes consiste à demeurer à la fois calme et respectueux de la personne. Cela signifie traiter comme réelles les craintes et les idées délirantes de la personne, tout en faisant preuve de patience et en adaptant son comportement en fonction des signaux qu’elle envoie. Par exemple, si la personne évite le contact visuel et recule, ne la touchez pas sans sa permission.

Ce ne sont pas toutes les personnes ayant une maladie mentale grave qui pourront travailler. Cependant, pour des employeurs comme Rainbow’s End (un organisme de bienfaisance enregistré qui exploite des entreprises à vocation sociale telles que le Colours Café), il est valorisant de proposer un travail gratifiant à des personnes comme Angela Jaspan, qui réussit à gérer efficacement sa maladie mentale.