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Lorsque l'idée d'une norme nationale sur la santé et la sécurité psychologiques en milieu de travail a été lancée, certains leaders syndicaux se sont montrés hésitants. En effet, ils craignaient que l'application d'une telle norme ne porte atteinte au droit à la confidentialité des travailleurs quant à leurs renseignements médicaux personnels ou encore que l'utilisation des tests fasse augmenter la discrimination à l'égard des travailleurs atteints d'une maladie mentale, puis serve en fin de compte de prétexte pour mettre fin à leur emploi ou leur refuser des occasions d'emploi.

Bien que cela n'ait jamais fait partie des objectifs, se pencher sur cet aspect directement avec des leaders syndicaux aura permis de clarifier cette question tout au long du processus d'élaboration de la norme nationale du Canada sur la santé et la sécurité psychologiques en milieu de travail (la norme). Après avoir obtenu la garantie que les droits des travailleurs allaient être protégés, le Congrès du travail du Canada (CTC) a nommé trois représentants au comité technique de la norme, lequel a été lancé en 2013. Chacun de ces représentants a contribué largement à l'amélioration de la santé et de la sécurité psychologiques dans tous les types de milieux de travail, et ils continuent de le faire.

Mary Ann Baynton, coprésidente du comité technique et spécialiste des relations en milieu de travail, considère que cette médiation a marqué une étape importante. Elle se rappelle que, dès le début de sa carrière dans le domaine de la santé mentale en milieu de travail, elle a compris qu'il était précieux et avantageux d'obtenir un soutien syndical à l'égard des initiatives en matière de retour au travail, de mesures d'adaptation et de résolution de conflits. « Le fait qu'un représentant du syndicat soit présent lors des interventions en milieu de travail a permis bien souvent non seulement d'assurer un accompagnement et un soutien aux travailleurs aux prises avec un problème de santé mentale, mais aussi de favoriser la création de solutions, et ce, même longtemps après mon départ. »

De plus, lors de l'élaboration de la norme, Mme Baynton a eu l'impression que la présence de représentants syndicaux avait un effet positif. « Les représentants ont permis de faire en sorte que le produit final garantisse un équilibre entre les droits et les responsabilités de chaque intervenant – employeurs, travailleurs et syndicats », explique-t-elle. « Le CTC nous a rappelé que dans des milieux de travail très concurrentiels et soumis à une forte pression, l'adoption d'initiatives concrètes touchant la sécurité se fait parfois au détriment de la santé physique. Les représentants nous ont aidés à intégrer le système de gestion de la santé et de la sécurité psychologiques décrit dans la norme à la structure en place dans les entreprises. Pour ce faire, il faut notamment considérer le travail ayant déjà été fait par les comités mixtes de santé et sécurité existants, le cas échéant, de manière à ce que l'initiative ne soit pas perçue comme un effort supplémentaire. »

Sari Sairanen, directrice nationale de la santé et de la sécurité pour Unifor, a indiqué qu'elle était pour sa part reconnaissante d'avoir pu assister au processus et que les changements dont elle avait été témoin étaient positifs. « Nous avons toujours concentré nos efforts sur la santé et la sécurité physiques », affirme-t-elle. « Il y a eu une évolution marquée en ce qui concerne la santé et la sécurité psychologiques. Nous en sommes conscients et nous regardons maintenant au-delà des risques physiques pour nous attarder aux risques psychosociaux. »

Bien qu'il puisse y avoir des représentants syndicaux qui n'utilisent pas d'approches sécuritaires sur le plan psychologique en milieu de travail, comme certains employeurs qui ne favorisent pas non plus la santé psychologique, la situation est heureusement en train d'évoluer. Aujourd'hui, des représentants syndicaux éclairés d'un bout à l'autre du pays s'affairent à différentes initiatives, dont les suivantes :

  • Assurer la promotion du soutien social – Encourager une culture de respect, d'inclusion et de valorisation mutuelle entre collègues.
  • Offrir de l'information et des ressources – Renseigner les membres sur les droits et les responsabilités liées à l'adoption de mesures d'adaptation. Aider les travailleurs qui peuvent être aux prises avec des problèmes de santé mentale à accéder aux ressources et à l'expertise disponibles dans l'organisation et la communauté. Certaines de ces ressources figurent dans la section Comprendre les questions relatives à la santé mentale.
  • Faire participer les travailleurs à la discussion – Aider les travailleurs à s'investir activement en les invitant à imaginer et à proposer des solutions qui pourraient leur permettre de conserver leur bien-être et de continuer à travailler.
  • Adopter des approches sécuritaires sur le plan psychologique pour résoudre les différends – Aider à résoudre les problèmes relatifs au milieu de travail dans un climat qui est moins tendu ou hostile, particulièrement pour les travailleurs qui éprouvent des problèmes de santé mentale.
  • Protéger la confidentialité – Respecter les demandes des travailleurs concernant les renseignements qu'ils souhaitent garder confidentiels et ceux qui peuvent être partagés pour assurer un milieu de travail fonctionnel.

Vous pouvez obtenir de plus amples renseignements dans les sections Soutien syndical et Collaboration du syndicat et de la direction.

Vous pouvez aussi écouter d'autres témoignages de Mme Sari et d'autres personnes en visionnant les vidéos consacrées au dixième anniversaire. Si ce n'est déjà fait, inscrivez-vous gratuitement à notre cyberbulletin pour obtenir de l'information sur les mises à jour et sur les vidéos et ressources offertes.